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It brexit my heart!

24 juin 2016  |   1 Commentaires   |  

brexit

It brexit my heart!

Ce matin, le Royaume-Uni se désunit.
Le Brexit inimaginable se produit et un étrange sentiment s'empare de moi.

Nous revenons juste de quelques jours passés à Amsterdam avec toute l'agence. Nous avons assisté à la Brand Nieuwe Conference, une série de conférences dédiées au "branding", toutes aussi intéressantes et excitantes les unes que les autres (on essayera de vous faire un résumé prochainement). Mais comme toujours dans ces moments-là, ce sont les échanges avant et après les conférences, que nous apprécions particulièrement. Nous avons pu croiser 23 nationalités différentes. Un Roumain nous racontant l'état graphique de son pays après la chute du mur (et surtout de Nicolae Ceaușescu!). Un Espagnol rêvant de grilles de mise en page suisses. Un Italien critiquant la faible concentration du café, mais se resservant trois fois. Sans parler du Slovène qui fumait plus que moi, du Tchèque, de cette Hongroise heureuse de passer en 8ème de finale, des Hollandais, des Suédois, ...  et dans Anglais bien sûr !

Dur retour à la réalité après un bain de jouvence européen  !

On le savait, le malaise entre l'Europe et les nations s'accroit. Et plutôt que de parler de pays, je parlerai de région. En effet, le vote londonien est loin d'être le même que celui du reste de l'Angleterre. Cette tension entre d'un côté, ces territoires connaissant une certaine réussite dans la mondialisation et de l'autre côté ceux se sentant relégués, devient inquiétant. Cette fracture menace bien plus que des équilibres régionaux. C'est le projet européen entier qui est menacé.

On le sait les territoires sont différents, inégaux, et le seront encore dans le futur. Souvenons-nous qu'au début du siècle la Lorraine était parmi les territoires les plus riches de France. Pendant des décennies, les impôts lorrains contribuaient plus au reste de la France qu'ils n'en bénéficiaient en retour. À cette époque, la Côte d'Azur n'existait pas et il fallait bien chercher à aider ce territoire rural à se développer ! L'état a donc construit des lignes de chemin de fer, en parti grâce aux impôts lorrains.

Pourtant, on aurait pu imaginer les Lorrains excédés de payer des impôts pour aider les paysans niçois. Ils auraient pu quitter la France à cette période-là en organisant un référendum. Heureusement pour eux, cette fiction n'a pas eu lieu. Un siècle plus tard, le charbon à disparu, et la Lorraine connait une difficile transition industrielle. Les habitants de Nice sont à leur tour contributeur net au profit des Lorrains. C'est un juste retour des choses. Cela s'appelle la solidarité.

Les Anglais, fort de leur économie florissante, ne considèrent donc plus aujourd'hui l'utilité de participer à l'effort de solidarité européen. Pourtant cette redistribution inter-territoriale n'est pas une charité !

Pour reprendre les arguments de l'économiste Laurent Davezies, "cette redistribution inter-territoriale est une sorte d'assurance mutuelle sur le long et le court terme. Dans un monde en constante évolution où les avantages comparatifs des territoires changent". Ainsi, aussi imparfaite soit l'Europe, plus elle sera grande et forte, et plus sa capacité assurantielle permettra de faire face aux chocs. On pourrait commencer par citer la crise des "réfugiés" que nous peinons à accueillir solidairement, laissant égoïstement la Grèce se débrouiller.

Quand un pays riche se détache de l'Europe, il la prive de ses ressources. L'Europe sera alors obligée de demander davantage à un nombre réduit de "ses pays riches" qui, eux-même seront incités à se révolter, voir à partir à leur tour. La boîte de pandore est ouverte.

Alors, oui, nous préférons ouvrir nos frontières, payer des impôts pour construire des ponts plutôt que des murs. Et même si en tant que graphistes, nos ponts sont en papier, nous continuerons l'ouvrage, pour que d'autres pages puissent s'écrire ensemble, avec nos confères graphistes anglais, italiens, polonais, espagnols... bref, nos confrères européens !

 


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1 commentaire :

  1. Adrien :

    Je suis d’accord avec toi en ce sens qu’il est infiniment triste qu’une des motivations première de ce brexit soit le refus de la solidarité.
    Mais cette motivation n’est pas la seule, il faut aussi à mon sens voir dans ce vote le rejet d’une union européenne incapable de se construire telle qu’on la rêvait. C’est à dire une union parlant d’une seule voix sur la scène internationale, une union dans laquelle les règles fiscales sont les mêmes pour tous et sans possibilité de dumping social, une union nivelant les niveaux de vie de ses citoyens par le haut et non par le bas comme c’est le cas actuellement.
    L’UE telle qu’elle existe pousse tous ces états membres vers la politique du chiffre, le royaume uni affiche une bonne croissance et un faible taux de chômage, mais ces résultats ont été obtenus au détriment du bien être des citoyens, nous le payons aujourd’hui.
    La construction européenne peut être porteuse d’un bel idéal d’union et de solidarité, mais le chemin suivi actuellement n’est pas le bon, peut-être le brexit est-il l’électrochoc nécessaire pour repartir du bon pied…

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