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Les secrets des Rencontres de Lure


29 août 2013  |   8 Comments   |  9.3K vues

Les Rencontres de Lure

Depuis 61 ans, d'étranges hurluberlus se retrouvent chaque été à "Lurs-en-Provence" pour refaire la typographie en particulier et le monde en général. Dans un climat de camaraderie, sous le soleil provençal, perché sur un rocher, on y disserte de tous les visages de la typographie.

En amateur, en passionné, ces Rencontres m'attirent depuis longtemps. Incontournables dans le petit monde de la typographie et du graphisme, tout le monde les connait, mais peu y sont allés.

Dès lors, un certain mystère règne sur ces Rencontres. Rencontre de Lure ou bien de Lurs ? 61 ou 63 ans en 2013 ? Qui se cache derrière le pseudonyme de Maximilien Vox ? Qu'est qu'un Coup de Bleu ? Voici autant de mystères à élucider !

Nous vous proposons donc un article pour se plonger dans l'histoire de ces Rencontres...

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main-de-lure-an-xCi-dessus, une photo présentant Justin Grégoire, instituteur d'Oppède, et ses masques pour la représentation de "King Lure" (Caractère Noël 1963). Pour le détail, c'est Justin Grégoire compagnon des première heures qui dessinera la "main du serment lure"... ça rappellera quelque chose à tous les estomacs Lursiens qui font la queue à vide...

 

Les Rencontres de Lure c'est quoi ?

Les Rencontres Internationales de Lure tiennent toujours leur principale manifestation à Lurs, chaque année, la dernière semaine complète du mois d'août. Réunis à La Chancellerie, bâtiment offert à l'Association par Maximilien Vox en plein cœur du village de Lurs, les Compagnons découvrent, se confrontent et discutent sur les problématiques de la typographie, de la création de caractères, de la mise en page, des nouvelles technologies et, plus généralement, de tout ce qui fera l'avenir de leur métier.

Fidèles à leur tradition, ces Rencontres mêlent les professionnels les plus éminents, les maîtres de leur discipline, des professionnels moins renommés, mais à la recherche de l'excellence et les jeunes générations déjà en exercice ou encore aux études. À partir de 1970, sous l'impulsion de Gérard Blanchard, l'association s'est ouverte progressivement à tous.

Nous vous invitons à découvrir leur site internet afin d'en savoir plus : http://delure.org

Pourquoi "Lure" et non pas "Lurs" ?

A priori cette question n'a pas beaucoup de sens pour qui n'a jamais cherché à se rendre à Lure.

En effet, prendre le risque de se retrouver à 580km des "Rencontres de Lure" qui se déroulent à Lurs peut être problématique !
D'ailleurs, les organisateurs des Rencontres s'en amusent sur leur compte twitter...
lure-twitter

Mais alors, pour quelle raison les Rencontres de Lure se déroulent-elles à Lurs ?
Commençons par faire un petit détour à la rubrique fait divers...

Une histoire de meurtre

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Dans la nuit du 4 au 5 août 1952, trois Anglais, Sir Jack Drummond, scientifique de 61 ans, son épouse Anne Wilbraham, 45 ans, et leur fille de 10 ans, Elizabeth sont assassinés près de leur voiture à proximité de La Grand'Terre, la ferme de la famille Dominici, sur la commune de Lurs (Alpes-de-Haute-Provence). Le patriarche Gaston Dominici a été accusé du triple meurtre.

Le procès débute le 17 novembre 1954. Déplaçant les foules, il a une ampleur internationale et mobilise plusieurs écrivains français, dont Jean Giono et Armand Salacrou. Gaston Dominici, fruste et peu loquace, présente une défense malhabile. Au cours d'une audience, le commissaire Prudhomme de Digne concède avec réticence avoir suggéré le mobile sexuel à l'inculpé. Il sera condamné à la prison à perpétuité.

En 1957, le président Coty a commué la peine et le 14 juillet 1960 le général de Gaulle a gracié et libéré Gaston Dominici. L'affaire fut suivie par de nombreux journalistes, tant français qu'étrangers.

Jean Giono en voisin de Manosque (20km de Lurs) s'impliquera beaucoup dans cette histoire, il étudiera en particulier les différences entre le langage de l'accusé (30 à 35 mots selon lui) et celui de la cour d'assises (plusieurs milliers de mots). C'est un peu le procès de la France paysanne contre la France citadine. Giono écrira d'ailleurs un essai sur l'affaire ("Notes sur l'affaire Dominici").

Une histoire d'amitié

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Photo ci-dessus : Lucien Jacques, Maximilien Vox, Jean Garcia, Jean Giono (Photographie © R. Ranc, 1952)

Une amitié ancienne s'est nouée entre Giono et Maximilien Vox. En effet, après guerre, Jean Giono est inscrit sur une liste noire revenant à une interdiction de publier. Il est accusé d'avoir publié dans une revue collaborationniste. Sans rentrer dans le débat de cette période trouble, certains imprimeurs, dont Maximillien Vox, passeront outre la censure. "Une chaude amitié pour Giono" va rapprocher Vox de la Provence.

À cette époque, Lurs est l'un de ces villages fantômes que l'on peut rencontrer dans les Basses-Alpes (devenues depuis les Alpes de Haute Provence). Giono affectionne particulièrement ce genre d'endroits. N'ayant pas de voiture, il profitera donc des visites de Vox pour s'y rendre. Ce dernier tombant amoureux de l'endroit achètera plusieurs maisons. C'est à l'entrée du village qu'il s'installera. Ce sera la "Monodière" (Notez bien ce nom, on reviendra dessus !).

Revenons à l'année 1952

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Maximilien Vox a alors l'idée de faire venir à Lurs tous ses amis typographes, éditeurs, photographes, etc. pour réfléchir sur leurs professions loin des agitations de la capitale. Jean Giono lui assura alors : Vous allez réussir parce que vous parlerez métier !

Les premières Rencontres débutèrent donc en 1952 sous la dénomination École de Lure ou École de la montagne de Lure ou encore Entretiens de Lurs. Initialement simples retrouvailles annuelles entre amis, les Rencontres s'enrichissent rapidement de participants étrangers, et se constituèrent en association le 15 avril 1957 sous la dénomination "Associations des Compagnons de Lure. Fondée par Vox et Jean Garcia (typographes) et Robert Ranc (directeur de l'école Estienne) l'association va devenir les Rencontres Internationales de Lure.

Giono, la montagne de Lure et les Rencontres

En 1935, Giono et quelques amis sont bloqués accidentellement dans le hameau du Contadour lors d'une randonnée sur la montagne de Lure (. Ils décident, subjugués par la beauté des lieux, de s'y retrouver régulièrement : ainsi naissent les Rencontres du Contadour. Durant 4 années, Le Contadour devient un lieu de bien-être, on y vit en plein air, on y discute, on y lit (des poésies jusqu'aux ébauches des œuvres futures de Giono), on y écoute de la musique, on se promène sur les étendues désertiques du plateau en refaisant le monde.

Dans ces Rencontres, « Le seul point sur lequel il est impossible de transiger, c'est l'amour de la Paix » (Pierre Citron , Giono, Le Seuil, 1995). Les menaces de guerre amènent à des réflexions sur la conduite à tenir si le conflit se déclenche. On pense à se retrancher sur les hauteurs bas-alpines, à vivre en autarcie, on souhaite des actions, mais Jean Giono évite de donner des réponses toutes faites. Il ne veut pas être le directeur de conscience de ses amis, même s'il est profondément pacifiste. Son métier, c'est d'abord d'écrire…

En septembre 1939, la réunion se voit interrompue par la déclaration de guerre. Ce sera la dernière, avec au bout du compte un désenchantement et une forte désillusion.

Cette histoire de Rencontres sur la Montagne de Lure, marquera fortement Giono, et quand Maximilien Vox et ses amis débarquent dans les ruines de Lurs, à 20 km de la montagne de Lure, c'est autant pour éviter le tristement célèbre nom de "Lurs" (avec l'affaire Dominici) que pour faire plaisir à Giono que le nom de "Rencontre de Lure" sera choisi.

[toggle title="Maximilien Vox vu par Giono"]

Du même pas

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D'autres plus qualifiés que moi parleront de l'ouvrier: car personne plus que Maximilien Vox n'a ajouté à la noblesse de ce mot; je me contenterai de parler d'une qualité de l'homme. Une photo nous représente tous les deux, de dos, marchant le long d'un petit canal qui entre dans les collines. Nous sommes en train de passer sous des trembles.

C'est un chemin sur lequel j'ai mes habitudes, je m'y promène à peu près chaque jour depuis quarante ans. Je connais chaque pierre, chaque plante. Les trembles sous lesquels nous passons, je les ai vus sortir de l'herbe. Un châtaignier qui est plus loin provient d'une châtaigne que j'ai enfoncée avec mon pied. J'ai vu grandir les acacias. Le coin qui est envahi par les sureaux était à une certaine époque tout à fait clair, et on apercevait de là les lointaines Alpes et le mont Viso. J'ai planté pour m'amuser des glands qui sont maintenant des arbres au tronc gros comme ma cuisse. Certaines années, les berges de ce canal ont été envahies d'œillets sauvages. Longtemps après, les œillets sauvages ont disparu et c'est sur un tapis d'immortelles que je passais. Vers 1912, tout ce canal était enfoui sous des joncs bruns. À l'endroit même où nous sommes photographiés, j'ai démêlé pendant plusieurs fins d'automne sur le sol mou les empreintes d'une renarde qui apprenait à bondir à ses petits renardeaux. Enfin, ce chemin est plus que ma propriété. Tout ce qu'il m'a apporté, depuis plus de quarante ans, me donne, quand je le parcours, une certaine allure faite de tous mes enrichissements.

Maximilien Vox était à Manosque depuis la veille quand cette photo a été prise. Il venait pour la première fois dans ce pays. Il a pour se promener dans mes lieux familiers la même allure que moi. Cela provient d'une grâce que je lui connais. C'est une vivacité d'esprit qui lui fait tout comprendre à l'instant même où il aborde quelque chose de nouveau pour lui. Il n'est pas le seul à avoir cette qualité, mais où elle devient une grâce c'est que son intelligence seule n'y est pas employée et que tout naturellement il y emploie en même temps son cœur. De là une faculté de participer aux sensations perçues ou aux actions exécutées par les autres, mais à un tel degré de sympathie que les autres se sentent toujours augmentés de lui-même et jamais partagés entre eux et lui.

S'il va du même pas que vous le premier jour où il vous accompagne sous des trembles que vous connaissez depuis plus de quarante ans, il va du même pas que vous dans vos sentiments et dans vos recherches, mais comme il n'abdique pas sa personnalité, au contraire, vous voyez mieux ce que vous voyiez mal. La symbiose est si parfaite et d'un tact si juste que vous n'avez jamais à vous dire: "Il m'a fait voir": et c'est cependant ce qu'il a fait. Il va du même pas que lui.

À ce point-là, on ne peut évidemment plus parler de modestie. Mais j'aimerais que beaucoup de ceux qui croient encore aller à leur pas, lisent mon modeste hommage.

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Mais quel âge ont-elles ?

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En 2012, les 60 ans des Rencontres ont été fêtés. La naissance des rencontres est donc fixée officiellement à l'année 1952.
Or, le hors série n°13 de décembre 1960 de la revue Caractère (publié chaque "Noël" de 1949 à 1964 par Maxilien Vox) célèbre l'An X des Rencontres ! Les rencontres auraient donc 63 ans en 2013 et non 61 ans !

Je dois cependant admettre que je ne suis pas assez qualifié pour juger de cette question... je laisserais les spécialistes de Lure me corriger dans les commentaires ! Je vous invite à lire les extraits ci-dessous (ou en version fax-simile pdf) de la revue Caractère de Noël afin de vous faire une idée sur mes allégations... 🙂 Cela vous permettra de vous plonger dans "l'esprit de Lure", tel qu'il pouvait être présenté par Vox lui-même...

[toggle title="L'an X des Rencontres de Lure en 1960"]

Le lundi 22 août, à 10 heures, le Chancelier ouvrit la séance, et dit...

Compagnons,

L'autre soir, nous sommes partis à la tombée de la nuit, et au petit matin, nous avons vu le jour se lever sur la Provence. On avait campé dans les ruines d'une ville abandonnée sans une âme, sur une crête sauvage; mangé sous l'ormeau, bu l'eau du puits, chanté autour du feu de camp - entre la lune et les éclairs - dormi dans l'église déserte, et cassé ma voiture. C'est un beau souvenir; nous étions cinq - un maquisard, un sportif issu des sanas, deux Hongrois, et le responsable de cette retraite. De quoi se comprendre.

Et tout à l'heure encore, aux primes veilles de l'aube, votre Chancelier est venu se recueillir dans cette Chancellerie qui fut le berceau de ses espérances, de votre effort, de notre succès. Les mythes, ici, ont la vie jeune. Sur la Montagne de Lure, les doigts de rose de l'Aurore éveillaient en mon coeur, ô visages amis, un besoin de reconnaissance. De vous dire, pendant qu'il en est temps, merci.

Merci d'être ici, et d'être vous. Merci d'être si nombreux ... et merci de ne pas l'être davantage. Car nous sommes au pays, comme dit notre Giono, « de la non-démesure » et votre communauté a trouvé ses justes proportions.

Il lui appartient de se concentrer sur son juste idéal.
Vous allez avoir une session mémorable : le Rendez-vous de Lure, sur le plus simple appel, a réuni son chiffre optimum : 80 inscriptions au titre de Compagnon réalisent le quorum parfait que depuis tant d'années ...

Au fait, depuis combien déjà? Vous avez eu, aux T.P.G., ou à l'arrivée, la petite brochure publiée par une fonderie qui s'intéresse à nous. Elle explique pourquoi, afin de nous aligner sur l'ensemble du Mouvement Graphique du Demi-Siècle, nous marquons cette fois l'an X au calendrier de Lurs-en-Provence.

En ces dix ans, la ville a revécu. Ils ne pensaient pas folklore, régionalisme, ni archéologie, les pionniers qui ont planté le graphisme, comme un bouquet, en haut de cette cité où tout était à reconstruire. Aujourd'hui, elle reçoit à flot l'eau, la lumière, les routes, les autorités, la publicité et les subventions. Aux artistes, imprimeurs, papetiers, photograveurs - se joignent préfets, évêque, députés, généraux, présidents et conseillers, magnats d'industrie. Nous sommes leur force autant, au moins,
qu'ils sont la nôtre.

Car ce qui ne se remplace pas, ce qui fait Lurs unique - c'est vous, mes amis, votre individualité. Vos personnes. Vos visages. Cette vivante communauté d'êtres vivants.

Il serait imprudent de tenter d'imiter la recette avant d'avoir approfondi le secret. Je tiens à préciser que vous êtes chez vous, ici, au sens juridique du terme. Les immeubles de la Chancellerie et de la Communauté, patrimoine constitué avec des aides diverses sous le nom de ma famille, vont être par elle constitués en apport de I'Association des Compagnons de Lure dans une Société Immobilière.

Vous avez donc la disposition permanente de vos deux immeubles; plus, durant nos retraites, l'usage du Prieuré - lequel est la propriété de l'autre association de même type que je dirige : le Centre Culturel de Haute-Provence, dont les sessions mensuelles sont consacrées à l'économie, à la sociologie, aux moyens d'expression.

Voilà, espérons-le, qui est clair. L'École de Lure, je le rappelle, n'a ni à craindre ni à espérer d'être relayée de ses responsabilités par d'autres industries, comme on l'a insinué, paraît-il.
Ce que la profession graphique a fait pour la Retraite Graphique est, par rapport à quelques personnes et firmes, considérable. En regard des immobilisations et des dépenses en travail, en temps, en argent, cela reste, pour reprendre un terme qui a choqué, une obole.

Au moment où se dessine un mouvement mondial qui se propose de prendre Lurs pour centre de ralliement - vous avez le droit d'envisager une autre échelle.

En tous cas, notre Association - demain d'utilité publique - possède, je ne Je cache pas, une priorité de fait et une option morale sur les efforts financiers qui restent à accomplir pour le compte des industries graphiques, sur le territoire de la commune
de Lurs.

Compagnons de l'an X, la Révolution du Demi-Siècle est en marche.
Vous la portez en vous. Elle est une réaction vive et saine, entre des conditions techniques et sociales nouvelles - et une expérience spirituelle éternelle comme les lois de la pensée.

La Typographie vivra, continuera sur sa lancée déjà à demi millénaire, parce que nous en faisons - et tous ceux qui de par le monde pensent avec nous - l'instrument par excellence de la Culture mentale, qui est le besoin profond de notre temps. Ce point de vue domine les questions d'art, de métier, d'enseignement.

A la pointe du combat de l'homme pour rester lui-même, il y a la Lettre, l'imprimerie, le Graphisme.

Le Rendez-vous de Lurs 1960, répétons-le, marque le niveau de crue passé lequel il n'est plus possible de recruter en quantité : les communautés, comme toute chose, sont régies par la loi des nombres, par une règle d'or.

Nous ne pouvons plus que perfectionner, en nous et entre nous, la qualité.
Il faut se répartir les tâches - et les accomplir; travailler individuellement dans la solidarité. L'École de Lure est une collectivité de personnes. Nous allons instituer des « commissions d'action », non pour parler des questions, mais pour les suivre. Pour malaxer le concret. Les communications que vous allez entendre, les discussions auxquelles vous prendrez part, les spectacles qui vous seront offerts auront, entre leur valeur propre, celle de procéder d'une méthode : d'une discipline de l'esprit.

Chacun de nous porte désormais sa part de responsabilité, en communauté, à l'égard d'un monde extérieur souvent désaxé, anarchique, en continuel conflit d'individualismes, d'intérêts, de servitudes sentimentales, pécuniaires, ou purement imbéciles.

Il n'y a pas de doctrine de Lurs au sens des dogmes et des postulats; il y en aurait une, si l'on entend par là une attitude de l'intelligence, une certaine « courbure de l'âme ».

Elle s'incarne dans des bâtiments, des actes, des ouvrages. Des joies et des peines. Dans une organisation construite comme nos maisons, pierre à pierre. Et dans des hommes.
Je n'en nommerai que deux, parmi cette foule d'amitiés, de talents, de fidélités. En votre nom, je salue la présence d'un animateur de la toute première retraite, du toujours juvénile doyen qu'est Pierre Oly, prince entre les fondeurs, hollandais de Bruxelles. Et celle du grand écrivain, philosophe et universitaire français qu'est Jean Guitton, librement venu à l'appel de ses camarades de captivité Garcia et Bertrand.

Vous allez vous découvrir, vous retrouver les uns les autres : les amitiés, à Lurs, se forment et se retrempent. Vous êtes à pied d' oeuvre, Compagnons; vous allez, pour la plupart, voir et faire de grandes choses.

Permettez, maintenant, que je vous souhaite bon voyage et bonne chasse : car le moment est venu de se rappeler que je suis «né au XIXe siècle », et de me remettre en mémoire la conclusion des mémoires de feu Chateaubriand, un personnage bien considérable :
Il est six heures du matin. J'aperçois la lune pâle et élargie. Elle s'abaisse sur la flèche des Invalides à peine révélée par le premier rayon doré de l'Orient. On dirait que l'ancien monde finit et que le nouveau commence. Je vois les reflets d'une aurore dont je ne verrai pas le soleil. Il ne me reste...

Mais vous savez la fin. li ne me reste, à moi, qu'à lever vers vous, chers Compagnons, ce verre qui n'est pas imaginaire, et à porter votre santé•

Maximilien Vox. Août 1960. Caractère Noël 1960.

[/toggle] [toggle title="Rencontres de Lure par Jean Guitton"]

Lurs, ce village bas-alpin connu du monde entier pour une sinistre affaire, est aussi un haut lieu de la Lettre. Depuis dix ans s'y réunit une communauté d'artistes, d'imprimeurs, de graveurs, d'inventeurs et de fondeurs de caractères, unis autour de Maximilien Vox.

Le mois passé, j'ai vécu quelques jours avec eux dans ce village étrange où l'on voit le ciel de Provence par des fenêtres en ruine, lettres immenses d'un alphabet inconnu, mordant sur l'azur comme la lettre mord sur le papier blanc.

Et j'y songeais longuement sur le mystère de la Lettre. Quelle curieuse invention que celle de Gutenberg ! Avec une vingtaine de signes bizarres, de petits dessins clos, pouvoir reproduire toutes les pensées humaines.
Un journal n'est jamais qu'une des combinaisons possibles (qu'une machine électronique dans l'infini du temps pourrait produire) de quelques lettres : elles composent l'image furtive du monde appelée actualité; elles lui donnent une splendeur noire, immobile, monumentale, comme une femme en deuil. Je me souviens de ma joie à me voir imprimé pour la première fois - et qui subsisterait si je n'avais désormais la crainte d'être lu.

L'écriture cursive ne se détache pas assez de mes nerfs et de mes gestes. Mais quand, par le détour de la Lettre, votre pensée se détache de vous et qu'elle vous apparaît avec tant de rigueur et d'égalité, surtout quand vous sentez que vous êtes fixé à jamais, qu'aucune faute ne pourra se reprendre, que votre murmure est devenu sculpture - alors vous comprenez que la Lettre est magique. En captivité, on avait fait une exposition de la Lettre, demandé des autographes. Et Claudel avait écrit à Garcia que s'il avait choisi le nom de Sygne pour l'héroïne de l'Otage, c'était à cause de la double courbure du S majuscule.

Mais qui me dit que la Lettre subsistera toujours ? Je la vois menacée par la technique du film, du microsillon. Il paraît que le roman noir sur disques, que l'on peut écouter en faisant sa toilette ou son ménage, menace le livre. Peut-être allons-nous voir des films sonores minuscules qu'on projettera sur petit écran et qui seront les livres de demain.
Alors on ne lira plus. On se bornera à voir et à entendre. Ce qui tourne remplacera ce qui se feuillette, ce qui s'épelle. On aura fait l'économie de l'alphabet, ce circuit par l'abstraction, cette parenthèse si compliquée.
De fait, remplacer ce qu'on voit, ce qu'on sent par de petits signes noirs; ce qu'onpalpe, par des mots arbitraires, quelle subtile et inutile substitution! Ne pourrait-on pas revenir au son et à l'image, au choc élémentaire sans ce passage par la Lettre et l'École?
Est-ce que ce ne serait pas retrouver ce qui était au commencement, lorsque les choses mêmes entraient en vous par les deux portes ouvertes de l'oeil et de l'oreille? Platon et Péguy (qui ont tout écrit) ont fait le procès de !'Écriture. L'Écriture est idolâtre. Elle remplace la chose par le petit dieu du signe, qui exige interprète et professeur et tant de scribes accroupis. La télévision, obtenant le miracle du contact direct, nous jette la présence du monde et du visage. Elle ôte les intermédiaires et tous les masques. Dans ses
gros plans, elle oblige l'homme à être devant vous seulement ce qu'il est. Elle opère le retour de la Lettre à l'image. Elle est vraiment l'inverse de l'imprimerie, et sans doute, comme le dit André Brincourt, une révolution aussi profonde demain par ses effets.
A mon sens, le problème de la culture est de les faire concourir. La Lettre qu'enseigne l'École éloigne l'esprit de la chose pour lui permettre d'en savoir le sens et par conséquent de bien voir. La télévision ramène de la Lettre à l'Image, ce qui se passe dans la chair même; et de la sorte elle permet de placer la chose sous le regard du signe et donc de bien lire. Lettre et Télé ne devraient pas s'opposer, mais mener l'une à l'autre dans un beau circuit.

Chronique de Jean Guitton parue dans le Figaro du 6/10/1960.
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Pourquoi autant de discrétion ?

Le règlement intérieur précisait dans son article premier : Le Rendez-vous de Lure est une Retraite Graphique Internationale, organisée annuellement par l'Association des Compagnons de Lure, dans les maisons de la Fondation Monod-Vox à Lurs (Basses-Alpes).

Les Compagnons de Lure souscrivent au serment rédigé par Maximilien Vox en 1953 : « Par le verbe incarné, par l'Alpha et par l'Oméga, par la montagne de Lure, je fais vœu de mépriser le lucre, de renoncer la gloriole, et de servir l'esprit. » — Maximilien Vox, 1953. (Le serment en image)

Pour ceux (comme moi) qui ignorent le sens du mot "lucre", il s'agit d'un terme péjoratif qui désigne le gain, le bénéfice ou le profit. C'est la même racine que "lucratif"... Si ce serment, qui peut sembler un brin désuet aujourd'hui, il résume bien la philosophie de ces Rencontres. On est loin de l'agitation élitiste et parisienne, point de publicité, point de fanfaronneries, le nombre d'inscrits est volontairement restreint (~ 80 personnes). Il ne faut pas oublier que Maximilien Vox issu d'une illustre famille de pasteurs protestants. Cette lignée familiale remonte à Jean Monod(1765-1836), influent pasteur Suisse. Wikipédia nous présente les illustres descendants de ce "Jean Monod"... on y croise du beau monde !

(Pour les curieux des "Monod" ce site est fait pour vous : www.famillemonod.com)

Maximilien Vox n'existe pas !

Vous l'aurez compris, Maximilien Vox est né Samuel Monod. Peut-être son nom aurait-il plus parlé au grand public si il avait conservé son nom de famille. C'est le cas pour son frère Théodore Monod, grand explorateur, naturaliste et penseur humaniste ayant voué sa vie à l'étude du désert. Le choix de vie monacale de Théodore dans le désert n'est pas sans rappeler l'esprit de simplicité et d'humanité qui a présidé à la fondation des Rencontres de Lure. Maintenant, vous comprenez probablement mieux le choix de la "Monodière" pour baptiser sa maison à l'entrée de Lurs.

Dans cette illustre famille vouée au "texte", un autre Monod va s'encanailler pour l'image: Jean-Luc Godard ! C'est le neveu de Vox.

Alors pourquoi un pseudonyme ?
Il faut se plonger dans la jeunesse de Samuel Monod pour en comprendre la raison. Il a commencé sa carrière comme caricaturiste politique dans le journal « l'Humanité » encore sous la direction de jean Jaurès à l'époque. Dès 1914, il choisit donc sa voie : le journalisme, le dessin, et l'art. Ces choix ne sont pas du goût de sa famille conservatrice, qui lui demandent de changer de métier ou de changer de nom ! Ce sera Maximilien Vox.

Mais pourquoi ce nom ?
Maurice Darmon, lors d'une conférence en 1997 à l'École des Beaux-Arts de Bordeaux, nous propose quelques éléments de réponse.
Il raconte qu'à cette question Vox répondait généralement «Le nom de famille sous lequel je naquis était par lui-même trop connu, trop répandu aussi pour ne pas m’imposer de m’en fabriquer un autre; j’ai d’ailleurs absolument oublié ce qui m’a fait choisir celui de Vox

Avec une telle réponse, Vox nous invite évidement à vouloir percer le mystère de ce pseudo ! Voici l'analyse que propose Maurice Darmon :

"Maximilien d’abord: le nom veut dire «le plus grand». Il fut donc celui de nombreux empereurs Ier, II et III. Mais, commençant à pressentir l’homme, je ne me tromperais guère en supposant que seuls les Ier l’intéressent et sans doute le plus grand des plus grands, le prince et capitaine, fastueux et érudit, protecteur des arts et en particulier d’Albrecht Dürer, à qui tout dessinateur, graveur, metteur en pages et graphiste doit d’exister, même si, d’aventure, il n’avait jamais entendu prononcer ce nom, ni vu une seule de ses gravures."
Il ne faut pas oublier que Vox était également un grand spécialiste de Napoléon. Il a d'ailleurs écrit de nombreux livres sur l'empereur et possédait plus de 1500 livres à son sujet !

Vox, pour la voix. La voix de celui qui a un besoin vital de s'exprimer. Maurice Darmon de continuer :

"Mais Voix n’est pas Vox. Vox s’est souvent diverti de supprimer les i des mots, pour le réduire à un point posé sur la jambe de la lettre précédente ou suivante, et la farce n’était perceptible qu’à qui la reconnaissait. Un i a donc ostensiblement disparu, ou alors, tout simplement Vox a voulu un nom latin. Et beaucoup plus tard, bien après s’être ainsi dénommé, la réflexion sur la graphie latine sera l’un des apports majeurs de Vox à la réflexion typographique.
[...]

Maximilien Vox, un nom de l’alliance: du plus long et du plus court, du plus clandestin au plus percutant des messages, de l’Europe du Nord et de la latinité. Mais sans doute aussi le jeu, la possibilité graphique de s’amuser deux fois de la lettre x, celle de l’inconnu."

Excoffon, un autre grand nom de Lure

Je ne m'engagera pas à citer tous les noms de la typographie qui sont passés par Lurs, sauf peut-être Roger Excoffon qui en fut le président pendant de nombreuses années. Pour les curieux, je vous invite à découvrir l'article que nous avions fait il y a peu à son sujet : http://www.grapheine.com/divers/roger-excoffon.

Le coup de bleu ?

coup-de-bleuChaque année les rencontres débutent par un "coup de bleu"... un apéro convivial à la pointe nord du village, face à la montagne de Lure.
Pour avoir interrogé quelques participants de cette édition 2013 sur le sujet, j'ai eu du mal à obtenir une explication infaillible !
L'explication principalement avancée étant la célébration des retrouvailles face au panorama magnifique, à la tombée de la nuit, quand la montagne de Lure prend ce teint "bleu" que les montagnes lointaines aiment tant !

C'est ailleurs que je trouvais l'explication ! Dans le n°19 de la revue Communication et langage (1973), Maximilien Vox nous raconte au détour de ses souvenirs sur Giono l'histoire de ce "Coup de bleu" !

"On entrait à l'École de Lure comme on entre en religion; il y avait un serment annuellement renouvelé, des mots de passe, des formules et des gestes mystiques... Le "chancelier de Lure" buvait devant la foule le rituel "coup de bleu", d'eau pure teintée de méthylène — symbole des puissances du paysage antique, mi-grec mi-florentin, qui nous recevait dans son sein... Fraternellement unis : artistes, imprimeurs, papetiers de tous pays — ayant soif d'échanges humains, certes: mais surtout, des vérités inexplorées de la doctrine typographique à laquelle j'avais voué ma vie."

Vous l'aurez compris, renconter "Lure" est une expérience mystique, et si aujourd'hui le vocabulaire des Rencontres c'est largement démystifié, il n'en reste pas moins que même athée, j'aime cette petite messe annuelle et ses apôtres de la typographie !

Longue vie aux "Rencontres de Lure".

Pour aller plus loin:

Je tacherais de publier rapidement un petit reportage vidéo réalisé durant notre bref passage aux Rencontres 2013... en attendant, voici quelques liens :

http://delure.org
https://sites.google.com/site/pourmaximilienvox/
http://www.thyssens.com/03notices-bio/vox_m.php : Un éclairage intéressant et documenté sur le passage de Vox à la direction des éditions Denoël.

Enfin, pour les passionnés de design graphique et de typographie que vous êtes assurément si vous avez lu cet article en entier, je vous invite à découvrir notre série d'articles sur les grands noms de design graphique !





8 Commentaires:

  1. Manuel Sesma dit :

    Dabord, je vous félicite pour cet article et pour tout le blog. Je suis suscrit à votre feed et je me régale à chaque fois. Merci.
    Cependant, cet article n’est pas si exacte en tout ce qui concerne les Rencontres. Lorsque je finirais ma thèse doctorale sur la Graphie Latine je vous raconterais avec un peu plus de détail, mais la première année des Rencontres, la vraie, ce fut 1954.

  2. mmm… vos précisions sont intrigantes !
    Selon mes calculs, 1954 fut seulement l’année du procès de Dominici, Gaston et non Christophe le rugbyman… qui lui n’a rien fait.
    Si les Rencontres qui débattent de l’ovalité ou non de la lettre « O » sont de 54, alors, j’enfile mon maillot du quinze de France et je m’excuse… platement…
    🙂

  3. Manuel Sesma dit :

    Voyons, je vais essayer de préciser un peu plus:
    Vox avait décidé de prendre sa retraite à la fin 1949, âgé de 55 ans, tellement il était déçu et fatigué de son travail à l’édition. Mais il était hyperactif et donc pas question de s’arrêter : il fonda alors Caractère, et au début de 1950 il commence sa bataille « Pour une Graphie Latine ». En même temps, il cherchait un endroit pour s’y retirer et quitter Paris car il n’avait pas l’argent pour y rester (« C’est à la retraite qu’elle me valut que je dois, en fin de compte, un redressement qui m’a dispensé de finir sur la paille; car j’étais peu doué pour la vocation des économies… »).
    Maximilien et Ariel (sa femme) ont découvert Lurs par hasard en se promenant sur une « carriole » en 1952, lors d’un de ses séjours à Manosque chez Giono. Cette première année il n’y avait que les pères fondateurs (Jean Garcia, Robert Ranc et Vox). Ils vont écrire une carte de vœux, sous le titre « Vers d’autres clartés », imprimée par les élèves de l’École Estienne (dirigée par Ranc) en juin 1953 pour la « Retraite graphique internationale annuelle de Haute-Provence » qui devrait avoir lieu deux mois plus tard. On va appeler ce texte le « Manifeste de l’An I ».
    Mais 1953 ce fut la grève des cheminots qui paralysa la France toute entière. Malgré les plusieurs compromis, seul Gérard Blanchard put y arriver pour rejoindre les trois maîtres, amené par ses parents en voiture. Ils sont restés alors tous les quatre à bavarder en regardant le paysage. Encore un nouveau texte sera rédigé par Vox pour faire appel aux rencontres 1954; c’est ce qu’on appellera plus tard le « Manifeste de l’An II ».
    1954 fut donc la première année où les rencontres ont eu vraiment lieu: on discuta la classification des caractères (dont la première version fut rédigée le mois d’avril de cette année par Vox, pendant une de ses multiples convalescences), Joan Trochut-Blanchard parle des avantages de son caractère Super-Veloz… et ils se sont rendus finalement 30 compagnons.
    Pourquoi alors 1960 était l’an X ? Pas d’explication certaine, car jusqu’à 1959 (l’An VII) les années étaient bien précisées dans plusieurs textes. J’ose supposer que c’était juste pour « faire joli » et forcer la coïncidence, car 1960 c’était aussi l’an X de Caractère Noël, le vrai organe de diffusion voxien (lursien, par la suite). Mais avec Vox, qui avait le gout des mots et de l’invention, rien qu’est sur au 100 %.
    Vous dites que, à Lurs, « on est loin de l’agitation élitiste et parisienne » ; c’est vrai et c’est faux a la fois. Vrai parce que c’était une retraite monacale (bénédictine, en fait, d’après Vox) où on allait « vivre la vie en communauté ». Mais faux d’ailleurs parce que l’École de Lure ne s’adressait « ni aux néophytes, ni aux amateurs ; mais seulement à ceux qui, en possession des éléments de leur art, cherchent à créer en eux-mêmes les conditions de la maîtrise ». Retraite élitiste alors.
    Vous répétez en fait ces mots de Vox bien clarifiants : « On entrait à l’École de Lure comme on entre en religion; il y avait un serment annuellement renouvelé, des mots de passe, des formules et des gestes mystiques… » Lure fonctionnait presque comme une espèce de secte religieuse ou maçonnique –si j’ose le dire– où Vox (converti au catholicisme en 1926) jouait le rôle de prêtre en tant que « Chancelier à perpétuité ». Lurs c’était un lieu « où souffle l’esprit », où ceux qui allaient s’y rejoindre devaient avoir « le goût du plein air, le sens de l’équipe, la passion des choses spirituelles ». L’esprit, toujours l’esprit chez Vox…
    Voilà, juste quelques mots pour rendre un peu de lumière, j’espère.
    À vous tous, « la grande accolade de Lure ».

  4. Bonton dit :

    Histoire intéressante de ces « journées de Lure  » qui ont existé ( comme presque toutes ) grace à amitié et une passion commune . Elles ont aussi la chance de perdurer depuis 60 ( non 61 ) ans .
    J’ai assisté au mois de juillet aux  » journées sahariennes de Saint Poncy  » dans le Cantal parrainé par Théodore Monod ( qui etait donc, je viens de l’apprendre, le frère de Maximilien Vox) . L’ambiance y était tout aussi bon enfant et les thèmes abordés trés sérieux par des intervenants hors pair ( désert, environnement,etc….) Mais malheureusement depuis cette année, les journées ont été réduites à une soirée ! !

  5. Chazine Jean-Michel dit :

    Bonjour à tous, d’un ancien voisin et néanmoins ami de Jean Garcia, du temps où il a acheté une ferme dans le Luberon, dans les années 60. Il nous parlait souvent de ces fameuses « Journées de Lure/Lurs » auxquelles malheureusement je n’ai finalement jamais assisté, n’étant encore à l’époque qu’étudiant-ingénieur… Puis nous nous sommes perdus de vue après qu’il fût retourné à Paris et se soit occupé alors des créations de Parcs régionaux. Et c’est à cause de ce regret, après enfin, une visite hier à Lurs ce 25 octobre 2015, que j’aimerais savoir s’il existe un « Centre de documentation » où seraient archivées des photos, des textes, des illustrations… D’avance merci pour quelques informations sur ces moments qui semblent avoir été plutôt « grands » et féconds.

  6. Jean-Renaud GARCIA dit :

    grâce à une amie, vice présidente des Amis de Collonges la rouge, avec laquelle nous préparons une expo et mettons en forme un guide touristique, en corrigeant qq épreuves, je lui parle de Vox, de mon père
    Jean Garcia et des journées de Lure… curieuse, elle cherche et m’envoie le lien de « grapheine »
    je viens de lire le message de jean-Michel Chazine qui me touche profondément en éveillant tant de choses, tant de souvenirs, puis il parle de Marrenon et des Parcs régionaux je crois que nous avons plein de choses à nous dire et j’ai quelques documents qui devraient l’intéresser…
    Jean Garcia fils

  7. Chazine Jean-michel dit :

    Bonjour! Quelle belle surprise de voir que ma bouteille jetée dans la mer d’internet, a finalement atterri dans un bon endroit! J’ai toujours un grand frisson d’émotion en repensant à Jean Garcia, à Marrenon et ceux qui gravitaient autour de lui! à l’époque. Parlons en, avec plaisir, à la première occasion (tel:0685816471)!

  8. Chazine Jean-Michel dit :

    Bonjour! Quelle belle surprise de voir que ma bouteille jetée dans la mer d’internet, a finalement atterri dans un bon endroit! J’ai toujours un grand frisson d’émotion en repensant à Jean Garcia, à Marrenon et ceux qui gravitaient autour de lui! à l’époque. Parlons en, avec plaisir, à la première occasion (tel:0685816471)!

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