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Art végétal & land art : quand la nature se met à l’oeuvre

07 novembre 2018  |   0 Commentaires   |  

land-art
Arche de neige, Andy Goldworthy, 1984

Ha ! les fleurs, les papillons, le bon air frais de la nature... Voici un post tout à fait bucolique pour vous parler de quelques artistes de land art qui travaillent en harmonie avec la belle verte pour ravir nos pupilles de la manière la plus écologique qui soit.

Le Land Art, les origines

Le Land Art -ou Earthwork- naît à la fin des années 60 aux États-Unis, pour faire face à la marchandisation croissante de l'art. Quelques artistes, dont Robert Smithson qui pose les premières pierres dans son essai The Sedimentation of the Mind: Earth Projects, décident de questionner ce rapport entre l'art et l'argent, et de briser le cadre contraignant l'oeuvre à la galerie. L'art ne doit plus être une valeur monétaire ni être réservé à une élite dans un lieu clos. Ces artistes réintègrent la nature pour s'exprimer sans limites, en créant à partir de matériaux naturels souvent trouvés sur place.

En comparaison, on a aujourd'hui le street art qui s'inscrit un peu dans le même courant de pensée. Et quand l'on voit qu'un tableau déchiqueté de Banksy vaut plus cher que sa version intacte, on se dit que l'on a encore pas mal de chemin à faire. L'avantage du Land Art est qu'il est destiné à disparaître, ce qui en fait un happening à plus ou moins long terme. Contrairement au happening de Banksy qui a fait prendre de la valeur à son oeuvre malgré la volonté de l'artiste, il n'y aurait ici pas de sens à s'accaparer de feuilles jaunies ni de possibilité d'acheter un bloc de montagne découpé.
La nature fait partie intégrante du décor et fait le sens de l'oeuvre. Elle n'est plus simplement représentée, mais devient une oeuvre à part entière.

Indissociables, ces oeuvres s'intègrent à un milieu naturel pour inviter le passant à observer l'art dans la nature, mais aussi l'oeuvre globale de la Nature elle-même. Comme l'exprime l'artiste Nancy Holt, à qui l'on doit notamment Sun Tunnels, "choisir ces sites comme des lieux où les gens peuvent expérimenter et voir, là est le travail." Le Land Artist crée dans et avec la nature, pour l'humain.

Manufacturé ou fait main

Ces oeuvres sont parfois monumentales, réalisées à partir de machines coupant et déplaçant des tonnes de pierres comme Double Negative de Michael Heizer et Spiral Jetty de Robert Smithson (à gauche)... ou en ajoutant des matériaux manufacturés au paysage comme dans The Lightning Field (de Walter de Maria, à droite) avec des poteaux pour inviter les éclairs, Surrounded Islands (de Christo, dessous, en rose), ou Sun Tunnels (plus bas).

Sun Tunnels (1973-76) de Nancy Holt est un exemple d'une installation in situ de tunnels de béton ajourés en fonction de constellations et positionnés pour y voir le lever et coucher de soleil aux solstices. Un travail industriel pourtant bel et bien qualifié de Land Art, qui permet au voyageur de mieux apprécier le paysage.

Ces oeuvres peuvent aussi être à taille humaine, réalisées en quelques secondes en un jeté, ou en plusieurs heures, tels les travaux d'Andy Goldworthy. La nature évolue ensuite avec ces installations. Ce Land Artist vient créer une trace sur le paysage et le sublimer avant qu'il disparaisse. C'est un travail méditatif et minutieux. On voit ici quelques exemples réalisés avec de la glace ou de la neige qui ont fondu quelques instants après la photo.

Land art actuel

Aujourd'hui, d'autres artistes ont repris le flambeau. Ils sont sûrement très nombreux, mais l'on voulait vous montrer les travaux de deux d'entre eux.

Ludovic Fesson travaille un peu à la manière de Goldworthy. On vous en avait déjà parlé dans cet article de 2013. À partir d'éléments naturels, il s'applique à créer des formes harmonieuses qui jouent avec les éléments naturels.

Autre style que l'on n'avait encore jamais vu, Geoffroy Mottard coiffe les statues avec des parures de fleurs. Un moyen poétique d'ajouter un peu de couleur dans la ville et d'habiller ces corps froids, et d'offrir un nouveau regard sur notre environnement urbain ! Du "street art" devenant land art, ou l'inverse ?

Étant donné le caractère éphémère de ces oeuvres, on peut se demander comment ces artistes arrivent à vivre de leur art. On imagine que ce qui "reste" puisse être vendu, comme les photos ou les films. Ou alors que ces artistes sont commissionnés pour intervenir in-situ dans un espace vert. Dans les années 70, il semble que le land art était plutôt une revendication qu'un outil financier.
Mais au fond, peut-être que ce type d'art n'existe pas pour être vendu mais pour être vécu. Et c'est justement ce qui fait toute sa puissance.


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